Le maître de chai
Eric Artiguelongue. — Maître de chai
ERICARTIGUELONGUE — Maître de chai
Le temps pour seul maître. La patience pour seul geste.
L'école du terrain — du bouilleur de cru au chai du Chateau de Laubade.
1978
En 1978, Eric Artiguelongue a dix-huit ans lorsqu'il monte pour la première fois sur un bouilleur de crus, l'alambic ambulant qui, chaque hiver, parcourait les propriétés du Bas-Armagnac. La campagne de distillation durait alors six mois, d'octobre à mars — deux fois plus longtemps qu'aujourd'hui. D'une exploitation à l'autre, il distillait les vins de l'année et livrait les pièces de chêne, apportées par le propriétaire, dans lesquelles la jeune eau-de-vie allait commencer sa longue métamorphose. Cinq années à sillonner les fermes du Gers et des Landes, à apprendre chaque alambic, chaque vin, chaque cépage, chaque main.
1983
En 1983, à vingt-trois ans, il entre à Château de Laubade, l'un des plus grands domaines du Bas-Armagnac. Ouvrier de chai, sous la direction du maître de chai en place, il y approfondit les quatre gestes qui feront l'éleveur : la conduite de la distillation, la surveillance du vieillissement, le transfert des eaux-de-vie d'un fût à l'autre au fil de leur évolution, et la réduction par petites eaux — cette technique lente d'abaissement du degré alcoolique dont il fera plus tard sa signature.
1985
En 1985, à la retraite de son mentor, Eric Artiguelongue devient à son tour maître de chai du Château de Laubade. Il l'est resté vingt ans. Vingt ans à décider seul : quand pousser un élevage, quand brasser un lot, quand assembler, quand embouteiller, quelles pièces acheter chez les producteurs voisins. Toutes les eaux-de-vie de cette période portent sa main.
« Vingt ans durant, chaque décision fut la sienne. On ne devient pas maître de chai autrement. »
Le choix du temps.
2005
Diriger le chai d'une grande maison, c'est composer avec une logique de production. Les marchés attendent, les rotations s'imposent, un armagnac doit parfois sortir avant que le maître de chai le juge tout à fait prêt. Après vingt ans à cette responsabilité, Eric Artiguelongue choisit une autre voie : celle du temps affranchi. En 2005, il fonde le Clos des Saveurs pour élever les armagnacs à son rythme, selon ses propres critères de maturité, sans compromis sur la durée du vieillissement ni sur la pureté du produit final.
2008
Le développement commercial suit rapidement. Après trois années consacrées au marché français, l'aventure prend sa véritable dimension à partir de 2008, lorsque le Clos des Saveurs entre sur le marché chinois. On est alors dans une période d'ouverture spectaculaire des spiritueux fins premium en Asie, et les amateurs les plus exigeants — souvent amateurs de Cognac — se tournent vers l'Armagnac pour sa singularité, sa profondeur et ses très vieux millésimes. Une maison indépendante, portée par un maître de chai formé à l'ancienne et refusant tout artifice, y trouvera naturellement sa place.
« Libre désormais de ne servir que le temps. »
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